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A single fight (Un unique combat)

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hayao-fan
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:03

je compren pas PeePee tu nous a di que tu posterais un chapitre par semaines et sa fait je ne sais pas combien de semaines que t'a rien poster? moi j'ai envie de savoir la suite !!!!!!!!!!
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QueenPeePee
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:10

lol oki! je pensais que ça intéressait personne. Mais puisque j'ai au moins une lectrice voici le chapitre suivant
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:11

Chapitre 3: Tous liés.


Angela marchait à pas lent sur la pelouse, son sandwich à la main.
-Tiens! Tu n'es pas à la bibliothèque? remarqua Kevin alors qu'elle s'approchait de lui et de ses deux autres amies.
-Enfin, nous avons l'honneur d'être, pour la première fois depuis une semaine, en présence d'Angela Parker pour le déjeuner, annonça Rita.
-Désolée, dit Angela en s'asseyant entre Kevin et Sarah sur l'herbe verte. J'ai eu une semaine chargée.
-On a cru remarquer, rajouta Kevin.
- J'espère que cette semaine tu t'accorderas plus de temps pour passer la journée avec tes amis.
Sans rajouter quoique ce soit, Angela déballa son sandwich et ouvrit sa bouteille d'eau. Elle ne prêta pas vraiment attention la conversation de ses amis, et déjeuna en pensant à la semaine passée. Sans se préoccuper de ce qui se passait autour d'elle, elle se rendit compte qu'il manquait quelque chose, qu'elle avait besoin de faire quelque chose mais qu'elle ne savait pas quoi.
-Eh, le zombi! Ça te dirait de participer un peu à notre fabuleuse conversation?
Angela secoua la tête, sortant de ses pensées. C'était Kevin qui venait de lui parler mais c'etait tous ses amis qui la regardaient l'air inquiet.
-Je reviens, dit-elle en se levant.
Sans savoir pourquoi, elle avait eu une soudaine envie de partir. Depuis qu'elle avait eu ce flash (elle ne savait pas comment le décrire autrement) en serrant la main de Brad Deason, elle avait l'impression qu'il fallait absolument qu'elle le revoit. Elle sentait qu'elle et l'avocat étaient liés et qu'il fallait absolument qu'elle le voie à nouveau pour savoir quel était ce lien.
- C'était tout sauf le hasard, se dit-elle en pensant à leur rencontre.
Bien que cela n'avait aucun rapport, elle repensa à son essai. Depuis l'accident du magasin, elle n'y avait plus vraiment repensé, mais étrangement, c'était à ce moment précis qu'elle voyait sa thèse se dessiner, s'approfondir d'elle-même.
Elle regarda sa montre: 13h. Il fallait retourner en cours. Elle marcha d'un pas pressé vers l'amphithéâtre où son prochain cours avait lieu. Arrivée devant la porte, elle réalisa qu'elle avait oublié son sac à dos.
-Merde! se murmura-elle.
-Je pense que le mot qui convient c'est "merci", lui dit Rita en lui tendant son sac.
Angela sourit et le prit.
-Merci.

-Et donc nous entrons dans un cadre plus psychique où l'homme est confronté à une pensée qu'il n'avait jamais eu auparavant…
Angela aimait la psychologie mais avait toujours du mal à ne pas somnoler en entendant la voix toujours aussi monocorde de Mme Norton. En fouillant dans son sac pour trouver une troisième feuille de note, la jeune étudiante tomba sur celle sur laquelle elle avait dessiné ce médaillon qui avait tant intéressé le vieux psychologue. A présent qu'elle le revoyait, elle avait la forte impression qu'elle l'avait bien vu quelque part. Le problème était qu'elle ne se rappelait plus où.
-Où es-tu? demanda-t-elle en fixant son dessin.
- J'attirerai votre attention sur le fait que non seulement l'homme deviendra conscient de cela, mais aussi dépendant psychologiquement de cette pensée qu'il ne connaissait pas…, continua la voix de Mme Norton
L'attention d'Angela se porta à nouveau sur le cours mais elle se promit de réfléchir à nouveau sur le problème du médaillon.

*********************

Arthur replia la page de son journal. C'était inutile puisqu'il ne prêtait pas attention à ce qui était écrit. Toutes ses pensées étaient fixées sur le livre de son père et sur le jeune Mlle Parker. La théorie de l'étudiante correspondait à quelques croyances près à ce qui était expliqué dans le livre du père d'Arthur Levine. Depuis qu'il avait retrouvé et lu l'ouvrage, son unique préoccupation avait été de retrouver Angela Parker pour lui prouver que sa théorie était juste. Mais il ne l'avait pas encore croisée depuis qu'il était revenu à l'université.
Il mit son journal dans sa sacoche, ou plutôt celle de son père. Il l'avait retrouvée en même temps que le livre et avait décidé de la prendre aussi. Il regrettait de ne pas avoir pris le livre avec lui car il n'avait pu en lire que le début et il savait que la suite était tout aussi importante. Il se leva et fit quelque pas dans l'allée bordée d'arbres qui traversait les deux pelouses où les jeunes étudiants aimaient s'asseoir après plusieurs heures de cours. C'est là qu'il la vit, entourée de ses amis qui semblaient l'écouter attentivement. Il mit sa sacoche sous le bras et s'approcha d'eux.

*********************

-Au fait, tu as trouvé ce dont tu vas parler dans ton essai, demanda Rita à Angela tandis qu'elle et ses amis s'asseyaient sur l'herbe épaisse.
-Oui, répondit l'étudiante en regardant au loin Arthur Levine qui lisait son journal.
Voyant qu'elle ne rajoutait rien, Rita la réveilla.
-Et…ça parle de quoi?
-Non, c'est rien d'intéressant, je ne sais même pas si je vais vraiment le mettre.
Rita soupira.
-Allez! Te fais pas prier! dit Kevin. Ça nous intéresse.
Angela hésita puis contente d'avoir enfin un véritable auditoire, elle croisa les jambes et inspira profondément. Ses amis, la sentant prête à enfin parler, se rapprochèrent et écoutèrent attentivement.
-Et si...chaque être humain était lié inconsciemment et psychologiquement à un animal…et que cette liaison soit plus ou moins forte pour chacune de ces personnes. Lorsqu'elle est faible, cette liaison ne caractérise pas vraiment un individu mais lorsqu'elle est intense, forte…la personne obtient alors certaines des capacités de l'animal auquel elle est liée. Il y a des personnes rapides, d'autres qui ont des sens hyper-développés, d'autres encore qui ont des caractéristiques totalement animales.
Ses amis la regardaient fixement, sans dire mot. Angela cligna plusieurs fois des yeux pour sortir de l'excitation dans laquelle elle s'était plongée en parlant de son sujet assez…mystique.
-Tu peux à la limite en faire un roman pour adolescents mais quand même pas un essai, dit Kevin.
Angela fut un peu blessée par la remarque de son ami mais constata que Rita et Sarah devaient penser la même chose que lui.
-Ce n'est pas très scientifique, lui dit gentiment Sarah, et c'est…
-On ne peut plus juste, l'interrompit quelqu'un.
Tous les regards se tournèrent vers celui qui venait de couper le débat. Il s'agissait du vieux psychologue, Arthur Levine.
-Et d'autres qu'elle ont déjà émis cette théorie, finit-il.
Les quatre étudiants ne dirent mot.
-La théorie de Mlle Parker n'est peut-être pas vérifiable scientifiquement parlant, ce qui ne l'empêche pas d'être juste.
-Mais monsieur Levine, comment cela serait-il possible? demanda Kevin. Comment peut-on être lié psychologiquement à un animal? Ça n'a jamais était démontré scientifiquement!
-Croyez-vous en Dieu, M. Sandler? demanda à son tour M. Levine.
-Oui, bien sûr, répondit le jeune étudiant.
-A-t-on dû vous prouver scientifiquement qu'il existe pour que vous y croyiez?
Kevin baissa la tête: que voulez-vous répondre à cela?
-Vous avez terminé votre journée de travail si je ne m'abuse, dit le psychologue.
-Oui, répondirent Sarah et Rita en chœur.
-Mlle Parker, j'aimerais vous parler un instant.
Angela qui depuis l'intervention du vieil homme n'avait rien dit, se leva et suivit le docteur Levine à l'écart.
-Votre théorie est énoncée dans un livre de mon père. Il me parlait souvent de cela…et d'une autre histoire que je n'ai jamais cru. Cela pourrait peut-être vous intéresser et vous aider à parfaire votre essai. Voici ma carte.
Il sortit un petit carton de sa poche et le tendit à Angela.
-Il s'agit de l'adresse de mon cabinet qui est aussi mon adresse personnelle, je vous y attends à sept heures.
Angela acquiesça en silence et prit la carte: le numéro de téléphone et l'adresse du psychologue y figurait, ainsi que sa signature. Sans dire mot, elle retourna auprès de ses amis et prit son sac.
-Au revoir quand même! lui cria Rita alors qu'elle les quittait.

Angela fixait le plafond blanc au-dessus d'elle. Il était dix-sept heures et cela faisait déjà une heure qu'elle était allongée sur son lit, ne regardant rien d'autre que le plafond. Depuis l'université, elle n'avait rien dit, pas même quand les chats l'avaient accueillie. Elle pensait à tout ce qui lui occupait l'esprit: le médaillon, sa thèse, le livre M. Levine, Brad Deason. Pour elle, tout avait un rapport mais elle ne savait pas lequel.
A dix-huit heures, elle gribouilla un mot pour Thomas et sortit. La maison du psychologue était à environ quarante minutes de marche. Elle avait dix minutes d'avance lorsqu'elle arriva devant le numéro 345 et regarda à nouveau la carte de coordonnées pour vérifier qu'elle ne s'était pas trompée. Une personne passant devant la maison aurait pu croire qu'elle était abandonnée: les volets étaient sales et la peinture verte s'effritait, les fenêtres étaient assorties aux volets (tout aussi sales), les murs blancs ne l'étaient plus depuis un bout de temps et le propriétaire semblait avoir donné libre cours à la nature dans son jardin, mais Angela ne s'était pas trompée, c'était la bonne adresse.
Elle poussa la petite porte en bois à l'entrée du "jardin" et parcourut une petite allée qui menait à la maison. Après avoir évité les ronces, elle échappa de justesse au clou rouillé qui sortait de l'une des petites marches qui menaient à la porte de la demeure. Elle tendit un doigt à côté de la porte mais vit qu'il n'y avait pas de sonnerie. Elle se mit en quête d'une clochette mais ne trouva rien. Elle se résolut à toquer à la vieille porte.
Elle attendit un petit instant puis quelqu'un vint lui ouvrir la porte. C'était Arthur Levine lui-même qui l'accueillait en souriant.
-Ah! Vous êtes en avance! Soyez la bienvenue!
La jovialité du vieil homme contrastait énormément avec la tristesse de la maison.
-Merci, dit Angela en entrant d'un pas hésitant.
Le vieux psychologue lui prit son manteau et la jeune femme ne put se retenir plus longtemps.
- Ce n’est pas pour vous vexer, dit-elle, mais vous ne devez pas recevoir beaucoup de clients.
M. Levine accrocha son manteau et se tourna vers elle, le sourire toujours aux lèvres.
-Il y a trente ans, quand tout le monde habitait dans le coin, j'étais le plus visité des psychologues mais depuis que tout le monde s'est réfugié au cœur de la ville, ce sont les p'tits jeunots comme vous qui attirent tous les clients.
-Désolée.
-Ce n'est pas grave! dit sincèrement Arthur en souriant. Du thé?
-Oui merci, répondit Angela. Mais pourquoi ne pas vous installer en ville?
-Voyez vous, dit le vieil homme depuis sa cuisine. Ce maison a été bâtie par mon père, il l'a construite lui même avec une poignée d'amis et un camarade architecte, j'y suis très attaché. Du sucre?
-Non merci.
A pas lents, la jeune femme entra dans ce qui devait être le salon. Plusieurs vieilles photos étaient protégées dans de cadre usés, posés sur les meubles. On pouvait reconnaître le psychologue dans son jeune âge et un homme qui lui ressemblait fortement, son père sans nul doute. Il y avait également un autre garçon sensiblement du même âge que le jeune Arthur, son frère probablement. Arthur Levine semblait avoir eu la vie normale d'un petit garçon né dans les années cinquante. La jeune femme marchait le long d'une étagère en regardant chaque photo et chaque personne figée dessus. Elle s'arrêta devant l'une d'elle. Dessus, il y avait le père du vieil homme: il était debout à côté d'un fauteuil, une pipe dans sa main gauche et dans l'autre, un livre. Angela se pencha pour mieux voir l'objet. C'était un livre avec un belle reliure qui semblait avoir traversé les âges, Angela pouvait lire son titre: Les élus et leur histoire.
-Voudriez-vous le voir de plus près?
Surprise, Angela se redressa en sursautant. M. Levine se tenait derrière elle, une tasse de thé à la main.
-Asseyez-vous, je vais le chercher, dit-il en lui tendant sa tasse.
L'étudiante obéit et l'attendit. Quelques gorgées de thé plus tard, Arthur revint, tenant le livre dans ses mains comme s'il s'agissait de la première bible jamais écrite.
-"Il y a des choses vraies auxquelles la science n'apporte pas toujours d'explications", mon père me disait cela à chaque fois qu'il ouvrait ce livre devant moi, dit-il en s'approchant d'Angela.
La jeune femme se leva et fixa le livre avec un mélange de respect et de convoitise. Arthur regarda sa réaction avec amusement. Il s'assit sur un canapé et Angela s'assit à côté de lui.
-Votre théorie est énoncée presque mot pour mot par l'auteur dans le premier chapitre, dit le vieil homme en faisant défiler une trentaine de pages.
Il s'arrêta net alors qu'il s'approchait d'un nouveau chapitre, marqué par une sorte d'illustration.
-Mais, dit-il en fermant doucement le livre sur son pouce pour marquer la page, il y a quelque chose dont vous n'avez pas parlé.
Angela fronça les sourcils et le regarda, intriguée.
-Vous avez bien dit que ces liaisons étaient plus ou moins forte avec ces animaux mais vous avez omis de dire, expliqua-t-il en baissant les yeux vers la page marquée, que peut-être certains individus pourraient être reliés non pas à un seul animal leur correspondant,…mais à tous.
Angela comprenait à moitié.
-Vous voulez dire,…une seule personne reliée à toutes les créatures terrestres non-humaines?
-Exactement, répondit Arthur en réouvrant le livre.
Le regard d'Angela se posa sur l'illustration: on y voyait un femme et un homme, totalement nus, côte à côte, entourés d'animaux : panthères, oiseaux de paradis, serpents, dauphins, cygnes, chauve-souris…toute la faune.

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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:12

-Et…imaginez qu'il n'y ait que deux personnes comme cela, continua-t-il en indiquant l'homme et la femme et centre du dessin.
Angela était fascinée par cette illustration : à en juger par le livre, elle devait dater de plusieurs siècles mais elle était d'une précision et d'un réalisme qui n'étaient apparus qu'après l'époque de cet ouvrage.
-Que ces deux personnes puissent contrôler ces liaisons, les rendre plus ou moins fortes jusqu'à n'avoir rien d'un animal…ou jusqu'à lui emprunter des capacités physiques, motrices, sensitives…
Angela se pencha lentement et malgré elle vers l'illustration, elle avait remarqué un médaillon au cou de la femme (comme à celui de l'homme). Elle le connaissait, elle l'avait déjà vu…elle l'avait déjà dessiné. Elle se redressa brusquement et se leva.
-M. Levine, je n'ai jamais cru au mystique.
Mais le psychologue semblait déterminé à tout lui dire à ce sujet.
-Ces deux personnes représentent deux camps essentiels: le bien…et le mal, dit-il sans l'écouter.
Angela le regarda et recula.
-Tous les mille ans, deux élus sont choisis pour avoir ces pouvoirs, ces liaisons, et ils doivent s'affronter pour décider du sort de l'humanité.
Angela ne savait pas pourquoi mais sa respiration s'accéléra tandis que le vieux psychologue se levait et marchait lentement vers elle.
-Nous sommes en l'an deux mille, grâce à ce livre, nous savons qu'il y a déjà eu deux grands combats: l'un durant la période du Christ et l'autre en l'an mille. Jusqu’à maintenant, le bien à toujours triomphé.
Angela ne put s'empêcher de sourire en reculant.
-Le bien à triomphé,…il est un peu chaotique le règne du bien, vous ne trouvez pas ! lâcha-t-elle en pensant au milliers de batailles qu’il y avait eu depuis mille ans.
-Alors imaginez sous le règne du mal, dit lentement Arthur.
Angela toucha le mur de la pierre et ne put reculer d'avantage.
-Pourquoi vous me racontez ça?
-Parce que vous avez vu ce médaillon dit-il en montra l'illustration des deux élus. Vous avez donc sûrement croisé à un moment quelqu’un portant ce collier, il s'agissait de l'un des élus, il faut que je le trouve.
Il s'était arrêté à quelques centimètres de la jeune femme. Angela reprit son sang-froid.
-Vous êtes fou. Je crois à peine à ma thèse alors comment voulez-vous que je crois à vos histoires de combat entre le bien et le mal? demanda-t-elle en se dégageant.
Le vieil homme trembla devant la réaction de la jeune étudiante.
-Ce sont des contes pour enfants! Comment pouvez vous croire ça! dit-elle en prenant son manteau.
Le psychologue s'approcha lentement d'elle, ne comprenant pas.
-Mais, je…
-Ne vous demandez pas si plus personne ne vient vous consulter! l'interrompit-elle. C'est vous qui devriez le faire!
Elle claqua la porte et courut sous la pluie qui commençait à tomber. Arthur s'avança lentement sous le porche de sa maison et regarda la jeune femme courir loin de sa demeure,…loin de lui.
-Pourquoi les gens ne croient-t-ils plus à ces légendes? se demanda-t-il.
Il sortit un médaillon avec une pierre rouge qui ressemblait à celui sur la gravure.
-Je n'y croyais pas moi-même jusqu'à récemment, dit-il.

La pluie ne cessait de tomber et rendait le sol glissant, mais Angela s'était arrêtée de courir, elle était revenue en plein cœur d'Atlantic City et s'était apaisée. Elle repensa à ce qu'il venait de se passer. Elle avait toujours pris le psychologue pour un homme brillant et jeune pour son âge, elle regrettait qu'il soit en fait un être à qui la vieillesse avait fait perdre tout bon sens. La jeune femme n'avait pas de capuche et pas de sac pour se protéger de la pluie qui tombait de plus en plus drue, elle gardait donc la tête baissée, se contentant de jeter un coup d'œil de temps en temps devant elle pour ne pas rentrer dans quelqu'un et pour ne pas prendre la mauvaise route, mais malgré ses efforts, elle se cogna tout de même à un réverbère. Excédée par cette journée où tout la décevait, elle cogna plusieurs fois avec son poing le malheureux réverbère. Elle s'arrêta, réalisant qu'elle avait réussi à déformer le fer. Elle regarda son poing, secoua la tête et s'appuya sur le poteau.
-Cette journée te fais perdre la tête, se murmura-t-elle.
Elle se laissa glisser jusqu'au sol et resta assise sur le pavé trempé, la tête appuyée contre le poteau. Elle garda son regard fixé sur le mur du bâtiment le plus proche, sans rien regarder de particulier. Après une petite minute, elle fronça les sourcils et se releva. Lentement, elle s'approcha du mur qu'elle avait fixé ou plutôt, elle porta son attention sur l'affiche collée dessus. Un orphelinat incitait les gens à adopter les enfants. Angela connaissait cet orphelinat, il y avait vécu trois semaines lorsqu'elle avait été bébé. Une des femmes qui travaillait dans cet orphelinat l'avait trouvée dans un bois ; d'après elle Angela n'était âgée que deux jours à l'époque et ce n'était que trois semaines plus tard que les Parker l'avait adoptée. Sans savoir pourquoi, la jeune étudiante repensa au médaillon. Quelque chose lui disait que le seul endroit où elle pouvait le trouver était cet orphelinat.
Elle secoua la tête pour égoutter l'eau de ses cheveux et se mit à courir. Dix minutes plus tard, elle était devant les grilles de l'orphelinat. Comment l'avait-elle retrouvé? Elle ne le savait pas, elle n'avait pas vu d'adresse sur l'affiche, mais elle s'était laissée guider par son instinct. Elle poussa la grille et s'approcha de la grande porte de bois. Elle frappa trois fois du poing dessus et attendit qu'on lui ouvre.
-Vous désirez, mademoiselle? demanda une vieille femme en ouvrant la porte.
- J'ai besoin d'un renseignement sur un enfant! cria Angela pour couvrir la bruit de la pluie sur les tuiles au-dessus d'elle.
-Mais entrez donc, venez vous mettre à l'abri!
Angela entra. Un vieux lustre éclairait faiblement le grand hall d'entrée dont les murs étaient de bois.
-Marcher sous la pluie sans parapluie ni gros manteau, vraiment! dit la vieille femme en fermant la porte.
Angela se vit dans un miroir : l'eau ruisselait encore dans ses longs cheveux et son blouson en jean regorgeait de pluie (sans parler du pantalon et des chaussures).
-Je vais vous chercher une serviette pour vos cheveux et…
-Non merci, l'interrompit l'étudiante. Je cherche un objet ayant appartenu à un enfant que vous avez eu il y a maintenant presque vingt-trois ans.
La vieille femme s'approcha d'elle, l'air triste.
-Malheureusement, ma chère, les enfants, nous en avons recueillis beaucoup il y a vingt-trois ans.
-Mais cet enfant a été trouvé dans une forêt, non loin d'Atlantic City. Une femme de votre orphelinat l'a découvert au pied d'un arbre. C'était une fille, elle devait avoir un ou deux jours. C'était moi.
La vieille femme porta sa main à sa bouche avec un air à la fois stupéfait et ému.
-Vous…vous êtes la petite Angela? demanda-t-elle.
-Oui…, répondit la jeune femme un peu intriguée.
- C'est moi qui vous ai trouvée et amenée ici!
Angela n'en croyait pas ses yeux. Elle avait devant elle la femme à qui elle devait la vie. Ne pouvant se retenir, la vieille femme prit l'étudiante dans ses bras.
- C'est incroyable! dit-elle en serrant la jeune femme trempée.
Angela sourit et la vieille femme se recula.
-Que puis-je faire pour vous aider?
-Auriez-vous une boîte contenant mes effets personnels de l'époque? demanda Angela.
La vieille femme s'en alla vers une petite pièce à l'écart.
-Je ne suis la directrice de cet orphelinat que depuis dix ans, mais c'est dans ce registre que tous les enfants sont inscrits, dit-elle en sortant un grand livre d'un tiroir de bureau.
Elle s'assit et tourna les pages tandis qu'Angela s'approchait. Elle vit que les noms des enfants étaient écrits en colonne avec à gauche de leur prénom, leur date d'arrivée et à droite, un numéro.
-Donc c'est en 1977 que vous nous êtes venue! Le 3 janvier si je m'en rappelle bien. Oh! Je m'en souviens, c'est comme ça que j'ai pu vous voir. Il neigeait beaucoup et mes pieds s'enfonçaient dans la neige jusqu'au mollet…mais autour de vous, la neige avait fondu, vous étiez sur une épaisse couche d'herbe.
Enfin, la vieille femme s'arrêta de tourner les pages et fit glisser son doigt le long des noms.
-Ah! Voilà! Angela! C'est nous qui vous donnions vos noms…donc Angela, 3 janvier 1977…numéro 221. C'est qu'il y en avait eu des enfants depuis la fondation en 1973!
Elle se leva et se sortit de la pièce pour se diriger vers les escaliers.
-Généralement, les parents prennent ce que l'on a trouvé avec les enfants, mais vous, vous aviez si peu de choses et si étranges que vos parents adoptifs n'ont pas jugé nécessaire de les prendre, mais nous les avons gardés, il peuvent toujours changer d'avis, comme aujourd'hui. Au fait comment vont-ils?
-Ils sont morts dans un accident de voiture, il y a maintenant sept ans.
-Oh! Mon dieu! Toute seule pendant sept ans! J'espère que l'Etat a pris soin de vous…
Angela sourit en entendant la vieille femme parler plus pour elle-même que pour ceux qui l'entouraient. Elles traversèrent un long corridor et passèrent une petite porte pour ensuite grimper un escalier raide et étroit. Elles débouchèrent dans ce qui semblait être un grenier et qui était rempli de centaines de boîtes empilées les unes sur les autres.
-Si ça ne vous dérange pas, je vais vous laisser fouiller toute seul parce que mon vieil âge m'empêche de me courber, alors je retourne à l'accueil et si vous avez un problème, venez me voir.
Angela sourit encore et acquiesça. Elle se tourna vers la pile de boîtes et inspira profondément avant de se lancer à l'attaque. Elle chercha tout d'abord dans les boîtes du fond, le plus anciennes. Elle trouva le numéro 20, puis en fouillant encore elle tomba sur le numéro 100 et dix minutes plus tard, elle avait trouvé le numéro 221. Excitée et émue comme un enfant qui pense avoir trouvé un trésor, elle sortit des piles de boîtes et s'assit sous l'unique ampoule qui éclairait la pièce. Elle ferma les yeux, inspira et souleva lentement le couvercle. Elle rouvrit les yeux, regarda dans le carton et saisit le médaillon au fond de la boîte. De son pouce, elle enleva la poussière qui masquait la pierre verte transparente. Pendant un instant, il lui sembla sentir une légère brise souffler sur son visage. Elle le serra dans sa main et le mit dans la poche de sa veste.
Elle regarda à nouveau dans le carton pour voir s'il y avait autre chose. Elle trouva, enveloppé dans un tissu, un étrange poignard. Sa lame était de métal et une fine rayure noire la parcourait de la poignée jusqu'au bout de la pointe. La poignée était en bois avec dessus, gravés en or: un serpent, un lion, un cygne et un dauphin et au bout de la poignée, un pommeau en or. Elle s'était attendue à trouver un médaillon mais pas un poignard ; les objets semblant fabriqués de la même façon, elle décida de prendre les deux. Elle remit l'arme dans le tissu et le mit dans la poche de son jean. Elle referma la boîte et remarqua qu'à côté de la porte, il y avait d'autres boîtes vides. La jeune femme mit la sienne par-dessus le numéro 220.

-Vous avez trouvé? lui demanda la veille femme tandis qu'Angela entrait dans le bureau.
-Oui, il y avait un médaillon et un étrange poignard avec.
La vieille femme plissa les yeux, l'air de réfléchir.
-Oui…je me souviens. Le poignard était planté à côté de vous quand je vous ai trouvée et la chaîne du médaillon était enroulée autour du manche. Je me souviens que…dans la pierre verte, quelque chose brillait, des formes…des animaux je crois, mais je ne m'en rappelle plus. Ça a cessé de briller quand je l'ai mis dans le carton.
-Faut-il que je signe quelque chose?
-Oui! répondit-t-elle en tendant le livre. Juste là.
Elle désigna un espace à côté du numéro dans la colonne: effets. Angela signa puis se figea. Ses yeux se fixèrent sur le nom du numéro 220. Voici ce qu'elle pouvait lire:

1 janvier 1977 Brad 220

A droite du numéro, la signature d'Arthur Levine. Angela ne savait plus quoi penser et se posait mille questions en même temps. Etait-ce le Brad qu'elle avait rencontré la veille? Pourquoi le docteur Levine était-il venu prendre les affaires de Brad ? Que pouvait-il bien chercher dans un orphelinat ? Ne pouvant y croire, Angela sortit la carte des coordonnées d'Arthur Levine et compara les deux signatures : aucun doute, il s'agissait bien du psychologue.
-Tout va bien? demanda la vieille femme en posant une main sur l'épaule d'Angela.
-Euh…je…oui, ça va mais…quand M. Levine est-il venu chercher les effets de ce…Brad?
-Monsieur…Levine, vous dites?
-Cet homme qui a signé, là, répondit Angela en indiquant la signature.
-Ah oui! Tiens c'est amusant, il est venu samedi dernier. Il avait l'air pressé, je lui avais à peine dit le numéro qu'il est monté à l'escalier en me demandant le chemin. Il est redescendu, sa sacoche serrée contre lui et alors qu'il sortait, je lui ai demandé de signer. Il a rapidement mis sa signature et il est parti.
Angela s'assit en face de la vieille femme.
-Savez-vous ce qu'il y avait dans la boîte de ce Brad?
-Non, je ne m'en rappelle plus et M. Levine ne semblait pas vouloir montrer à tout le monde ce qu'il y avait trouvé.
Les yeux d'Angela se posèrent à nouveau sur le nom de Brad.
-Ce garçon, il est arrivé deux jours avant moi?
- C'est une de mes amies qui l’avait trouvé dans un bois, comme vous, mais il avait déjà 13 ans. Le pauvre, on aurait dit qu'il avait vécu seul dans sa forêt, toute sa vie. Nous nous sommes chargées de son éducation pendant un mois : étrangement il apprit vite à parler et à communiquer, ce qu’aucun garçon ayant vécu seul aussi longtemps n’aurait pu faire je pense. Il est resté quelques années puis un couple l'a adopté. Il est arrivé effectivement le 1er janvier, ce qui correspondrait à votre date de naissance: amusant, n'est-ce pas?
Angela se leva brusquement.
-Quel nom avaient ses parents adoptifs?
Surprise, la vieille femme sursauta, puis elle se leva à son tour et alla fouiller dans un placard.
-Alors, numéro 220,…voyons voir…M. et Mme…McKinley.
L'excitation d'Angela revint immédiatement au point zéro.
-McKinley? répéta-t-elle déçue.
-Oui, c'est bien cela. Voulez-vous savoir autre chose?
Angela recula, tout s'embrouillait dans sa tête. Les noms, les dates, les objets, les visages…plus rien ne semblait coller.
-Non, merci…je dois y aller. Merci, au revoir.
Elle tourna les talons et galopa vers la sortie, la pluie avait redoublé d'intensité. La jeune femme n'y comprenait plus rien. Il fallait qu'elle se repose, cette journée l'avait épuisée. Vingt minutes plus tard, elle était de retour chez elle. En entrant dans l'appartement, elle réalisa qu'il était déjà 22h00. Thomas dormait déjà. Elle se déshabilla, se sécha les cheveux et alla se coucher. Des idées, des phrases, des mots, des images, tout cela tournait dans sa tête, l'empêchant de dormir. Trois heures plus tard, elle parvint à trouver le sommeil.
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:14

Chapitre 4: L'élue.


Angela se réveilla et constata avec surprise que Thomas était encore là. Elle se tourna vers lui et lui sourit.
-Vingt minutes que je te regarde dormir et tu te décides enfin à te réveiller, dit-il en lui caressant les cheveux.
-Hmm, désolée, s'excusa Angela en se blottissant contre lui.
Thomas la serra dans ses bras et prit l'air grave.
-Tu sais depuis combien de temps tu ne t'es pas serrée contre moi?
La jeune femme le regarda sans comprendre.
-Une semaine. Une semaine que tu te couches et que tu t'endors en me lançant juste un "bonne nuit", sans m'embrasser.
Angela réalisa qu'il avait raison. Elle se mordit les lèvres et le regarda l'air innocent.
- J'ai eu une semaine chargée et la tête occupée. Mais maintenant, c'est bon, tout va revenir à la normale.
-Je l'espère bien…sinon je ne vois plus de raison de sortir ave toi.
Angela prit un air faussement outré.
-C’est juste pour les câlin que tu sors avec moi ?! dit-elle en l'embrassant.
-Mouais…, répondit simplement Thomas en la serrant dans ses bras. Mais je suis sérieux, si tu as un problème ces temps-ci, n'hésite pas à m'en parler.
-Non, c'est bon,…tout va bien.
-OK, conclua Thomas en la serrant un peu plus contre lui.
Angela ferma les yeux et sourit: c'était dans des instants comme ceux-là qu'elle réalisait combien Thomas était le mari idéal (si un jour il décidait de l'épouser). Rien ne semblait pouvoir troubler cet instant de bonheur, mais le téléphone se décida à le faire. Angela et Thomas laissèrent les trois premières sonneries, puis Angela se décida à tendre le bras pour attraper le téléphone.
-Oui?
-Angela? demanda une voix à l'autre bout du fil. Salut, c'est Sarah! Devine quoi…
-Je ne sais pas. T'avais personne à qui parler alors t'as décidé de m'appeler à…six heures moins le quart? répondit la jeune femme en regardant son réveil.
-Non, M. White est absent!
-White est absent?! répéta Angela en se redressant brusquement.
-Ouaip! Alors je te revois à 12h30! Salut!
-Bye!
Elle sourit en regardant le téléphone.
-Mais au fait, dit-elle en regardant Thomas. T'es pas censé être debout pour aller travailler.
-Si, si, j'y vais, je voulais juste m'assurer que tu te rappelais de mon existence…au cas où…
-Haha, morte de rire. Va-t-en! Espèce de…vétérinaire! Bourreau des animaux! dit Angela en la frappant avec son oreiller.
Thomas obéit, prit un rapide petit déjeuner, embrassa Angela et s'en alla. Angela ferma à nouveau les yeux pour goûter au plaisir de la paresse, mais le téléphone s'était apparemment résolu à lui gâcher tous ses plaisirs.
-Allo? grommela l'étudiante en décrochant le combiné.
-Angela? C'est Julia, tu vas bien?
-Julia? Tu es revenue de Floride?
-Oui, depuis hier, mais je n’ai pu t'appeler qu'aujourd'hui. Alors comment ça va?
-Très bien et toi?
-Ça va, ça va. Bon, est-ce que tu es libre ce matin?
-Oui…pourquoi?
-Eh bien, j'ai projeté d'emmener les enfants au zoo, tu sais, pour voir les éléphants qu'il viennent juste de recevoir…et le dauphin. J'ai pensé qu'on pourrait bavarder et puis les enfants meurent d'envie de te revoir!
-Ok, d'accord! Mais je peux rester que jusqu'à midi.
-Alors on se donne rendez-vous vers neuf heures devant la porte d'entrée?
- D'accord, on fait comme ça! A toute à l'heure!
-Salut!
Angela raccrocha et se leva pour aller déjeuner.

La jeune femme regarda sa montre: 8h45. Elle savait que le rendez-vous était à neuf heures, mais elle savait aussi que Julia Sommers, son amie, était toujours en avance. Angela se mit à fredonner une petite chanson en attendant Julia et après avoir regardé l'heure à nouveau, elle mit ses mains dans ses poches à la recherche d'un mouchoir. Ses doigts touchèrent quelque chose de lisse et de dur. Intriguée, Angela sortit l'objet de sa poche: il s'agissait du médaillon. Elle le regarda attentivement. Elle éprouvait le même sentiment que quand elle avait croisé le regard de Brad Deason: ce n'était pas un hasard si elle l'avait trouvé, et maintenant qu'elle l'avait, elle ne pouvait plus s'en détacher. Elle fronça les sourcils et le mit autour de son cou. Elle ferma les yeux, un souffle d’air envahit son corps. Le monde tourna autour d'elle mais sans bouger, une forte brise soufflait dans ses cheveux mais il n'y avait pas de vent. Elle rouvrit les yeux et regarda le bijou. Pendant un instant, il lui sembla voir briller des animaux dans la pierre verte. Elle secoua la tête et cacha le médaillon sous sa chemise.
Enfin, Julia arriva poussant une poussette dans laquelle sa petite fille de un an dormait.
-Hola ¿qué tal? demanda Angela à son amie.
-¿Muy bien y tu?
-Bien.
Julia était mexicaine d'origine et Angela prenait toujours plaisir à la saluer dans sa langue natale. Julia Sommers était une femme de trente-cinq ans à la peau mat et aux cheveux très noirs comme la plupart des mexicaines. Elle voyageait souvent à l'étranger avec ses enfants, mais sans son mari qui avait péri, percuté par une voiture presque deux ans auparavant. Malgré cette tragédie, Julia avait gardé sa joie de vivre et son habituelle énergie.
-Alors, la Floride? demanda Angela.
-Fantastique, magnifique, ça m'a fait des vacances!
Les yeux d'Angela se baissèrent vers la plus âgée des filles de Julia.
-Et comment va ma petite Cassie? demanda-t-elle en s'agenouillant devant la petite fille de sept ans.
-Je suis contente de te revoir! répondit Cassie en serrant Angela dans ses bras.
La jeune femme serra aussi le petit garçon de quatre ans, Jonathan, puis elle se redressa.
-Ils sont toujours aussi adorables! dit-elle en regardant les deux enfants.
-Bon, ne perdons pas de temps! Allons-y, je te raconterai tout en marchant, dit Julia.
Les deux amies se mirent en route vers le zoo, accompagnées par Cassie et son petit frère.
-Et je paie, rajouta Julia en arrivant à la caisse. Je travaille, toi tu étudies.
-Bon, mais c'est moi qui régalerai pour les boissons.
-On verra.
Le zoo s'ouvrait sur une grande place de laquelle plusieurs chemins partaient qui menaient vers les différents groupes d'animaux. Tout en racontant son merveilleux voyage en Floride, Julia donna le biberon à sa petite fille qui venait de se réveiller.
-Et ce n'est qu'au bout d'une demi-heure que j'ai réalisé qu'il voulait simplement prendre un dépliant derrière moi, termina Julia en parlant d'une de ses nombreuses anecdotes de voyage.
-Haha! La pauvre gars! dit Angela en riant.
Julia s'arrêta au milieu de la grande place et elle regarda autour d'elle, l'air intriguée.
-Quoi? demanda Angela.
- Qu'est-ce qui peut bien les mettre dans cet état? murmura la mexicaine.
Le sourire d'Angela s'effaça lentement quand elle réalisa que les animaux tout autour de la place étaient surexcités et ne cessaient de pousser des cris. Les gibbons et les capucins sautaient sur place, bondissaient de barreau en barreau et hurlaient de toutes leur forces. Dans leur cage, les lions marchaient de long en large devant la paroi en poussant des rugissements. Les perruches et les perroquets ne cessaient de criailler et non loin de là, on pouvait entendre les éléphants barrirent et remuer le sable et la paille dans leur enclos.
-Mais qu'est-ce qu'ils ont? demandaient des gardiens du parc en courant vers les différentes cage.
-Je ne sais pas? Il y un incendie? demandaient d'autres.
Angela tournait sur elle-même et regardait chaque cage et chaque animal: il lui semblait que tous la regardaient aussi. Inconsciemment, elle porta sa main à son médaillon, il émettait une sorte de léger sifflement. Le regard d'Angela s'arrêta sur le lion. Elle ferma les yeux et avala une grande bouffée d’air. Elle rouvrit les yeux et dévisagea le fauve. Celui-ci la regarda intensément à son tour en haletant et il recommença à rugir.
-SILENCE!!! cria Angela qui ne pouvaient plus entendre tous ces cris qui résonnaient dans sa tête.
Aussitôt, toutes les bêtes se turent, le silence s'installa, plus personne ne bougea et tous les regards se tournèrent vers Angela. La jeune femme cligna plusieurs fois des yeux comme sortant d'un rêve ou d'une transe et elle regarda tout autour d'elle, se demandant pourquoi tout le monde la fixait. Elle vit le regard apeuré et stupéfait de Julia. Cassie était réfugiée derrière sa mère et tenait la main de son petit frère pour le rassurer.
- Je suis désolée d’avoir crié mais au moins ils se sont arrêtés, s’excusa Angela.
-Co…Comment tu as fait ça? bredouilla Julia.
-Fait quoi? demanda l'étudiante.
-Ce rugissement. Il était encore plus réel que celui des lions.
Angela ne parvenait pas à croire ce qu'elle venait d'entendre. Elle ? Pousser un rugissement? Elle secoua la tête, sûre que son amie se trompait.
-Mais…j'ai pas rugi, je leur ai juste crié de se taire, c’était infernal ce boucan, dit-elle en souriant tellement l'idée d'avoir pu rugir lui paraissait absurde.
-Je sais pas ce que tu leur a dit mais…tu as rugi, je t'assure et tes… tes yeux ont pris cette couleur jaune…dorée.
Angela regardait son amie sans comprendre. Etait-ce une blague? Une caméra cachée? Le visage sérieux et inquiet de son amie lui indiquait qu'il s'agissait de tout sauf d'une farce. Le regard d'Angela se posa sur Cassie, la petite fille recula encore derrière sa mère. Angela regarda les gens autour d'elle puis, ne pouvant pas tenir d'avantage, elle courut vers la sortie. Personne n'osa bouger ou l'empêcher de partir. La jeune femme ne désirait que deux choses: s'écarter de ces gens qui la regardait comme la dernière des bizarreries et trouver quelqu'un qui lui assurerait qu'elle n'avait pas poussé une décibel de rugissement.
Elle sortit du parc et trébucha sur le trottoir, de l'autre côté de la rue. Elle s'étala de tout son long sur le pavé mais elle ne se releva pas. A quatre pattes, elle alla s'installer contre un mur puis elle plongea sa tête dans ses mains. Elle ne comprenait plus rien, rien n'allait plus depuis quelques temps. Etait-ce depuis qu'elle avait rencontré Arthur Levine ou depuis qu'elle avait écrit cette théorie? Depuis qu'elle avait fait la connaissance de Brad Deason ou depuis qu'elle avait repris ce médaillon? Elle voulait et ne voulait pas savoir. Sa respiration était rapide et saccadée mais elle ne pleurait pas. Elle ne savait pas pleurer, elle n'avait jamais appris ou n'avait jamais voulu apprendre. Elle releva la tête et vit que Brad Deason s'approchait d'elle en s'essuyant les mains avec un mouchoir. Il s'arrêta devant elle puis il s'agenouilla.
-Bien que cela soit une question stupide: tout va bien? demanda-t-il.
Angela rit en réalisant qu'il s'agissait bien d'une question stupide.
-Pas vraiment non.
-Je peux vous aider?
Angela dévisagea l'avocat en souriant légèrement.
-Non merci, répondit-elle.
-Bon, très bien, mais…laissez moi au moins essuyer votre joue couverte de poussière.
La jeune femme rit à nouveau en écartant ses cheveux. Brad prit un mouchoir propre puis il le passa délicatement sur la joue de l'étudiante. Les ongles étrangement rouges de l’avocat contrastaient avec la blancheur du tissu.
-Voilà! Vous êtes déjà beaucoup plus séduisante, dit-il en rangeant le mouchoir dans sa poche. Mais vous le serez encore plus debout et souriante.
Il lui tendit la main et l'aida à se relever.
-Merci, beaucoup, dit Angela. Excusez-moi, mais je dois y aller.
Elle serra la main de l'avocat et s'en alla d'un pas pressé. Brad la regarda partir l'air intrigué. Julia s'approcha de lui.
-Hem…monsieur? Vous connaissez Angela?
-Oui, dit Brad en se tournant vers la mexicaine. Que s'est-il passé?
-Eh bien, nous venions juste d'entrer dans le zoo, les animaux se sont mis à remuer et à crier, Angela a poussé un puissant rugissement et ils se sont tous tus. C’est la première fois que je vois ça !
Brad la regarda en haussant les sourcils.
-Oui, je sais, ça peut paraître très étrange mais c'est ce qu'il s'est passé, rajouta Julia.
Les regards de l'avocat et de la femme se tournèrent vers Angela qui marchait au loin. Julia avait l'air inquiet mais Brad avait plutôt l'air de réfléchir.
-Très étrange, murmura-t-il.

Angela posa son sac à dos par terre et s'affala sur le canapé.
-Quelle semaine! Si ça continue, je me fais porter pâle, dit-elle en caressant Cyrus qui était monté sur ses genoux.
Elle soupira et soupira encore en se rappelant le compte-rendu complet qu'elle devait faire sur un texte d'une dizaine de pages dédié comme d'habitude à un cas psychologique particulier. Il était 18h et il lui restait une heure trente avant que Thomas ne rentre.
-Ça va le tuer de bosser aussi tard, se dit-elle en pensant à son petit ami.
Une demi-heure et quelques lignes gribouillées plus tard, la jeune étudiante entendit son portable sonner. Décidée à se consacrer uniquement à son compte-rendu, elle ignora les quatre premières sonneries puis, curieuse tout de même, elle marcha à pas lent jusqu'à sa veste pour y prendre son portable.
-Oui?
-Mlle Parker? Brad Deason à l'appareil.
-Ah, monsieur…
-Brad, l'interrompit l'avocat.
-Monsieur Brad,…que puis-je faire pour vous? demanda la jeune femme.
-Eh bien je serais très heureux si vous acceptiez de dîner en ma compagnie ce soir.
Angela écarta son téléphone, rit aux éclats en imaginant l'avocat sérieux en train de dîner avec l'étudiante complètement larguée depuis quelques temps, puis elle reprit la conversation.
-Vous n'avez pas trouvé d'autres volontaires pour ça?
-Eh bien…à vrai dire, ce n'est pas que je m'ennuie de dîner seul mais je voulais juste vous inviter, un dîner…sérieux, sans arrière pensée.
La jeune femme réfléchit: l'idée de dîner avec un homme qui avait environ douze ans de plus qu'elle, était assez étrange étant donné qu'elle ne le connaissait pas et que de ce fait elle n'avait aucune raison de le revoir mais quelque chose au fond d'elle la poussa à donner une rapide réponse positive.
-Très bien, quel restaurant?
-Eh bien, si l'on peut appeler cela un restaurant, il s'agit en fait de la Tun Tavern.
-…Vous allez à la Tun Tavern? Vous?
-Je ne suis pas aussi avocat coincé que je n'en ai l'air, répondit Brad.
-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire…bon peut-être que si, mais quand vous avez dit "dîner" je m'étais déjà imaginée en ensemble sérieux dans un restaurant chic.
-Non, jean et T-shirt pour ce soir.
Cette pensée d'une soirée relax rassura Angela.
- D'accord, je vous retrouve devant. Je sais où c'est, j'y vais souvent.
-Parfait, disons…19h30, ça vous va?
-A tout à l'heure, conclua Angela en raccrochant.
Pendant un instant, la jeune femme se demanda pourquoi elle avait accepté.
-Pour les mêmes raisons que lui m'a invitée, il faut que je le revois, se dit-elle en composant le numéro du cabinet de Thomas.
Le jeune vétérinaire mit quelques temps à décrocher.
-Cabinet de Thomas Crown, dit-il.
-Tom, c'est moi.
- Qu'est-ce qu'il se passe?
-Oh, rien de spécial, c'est juste pour te dire qu'un ami m'a invitée ce soir donc je rentrerai tard, ne m'attends pas.
-Ça tombe bien, j'avais un dîner avec des collègues et j'avais honte de devoir te laisser toute seule, mais puisque tu sors aussi, prends ton temps.
-Super. Bye, doc.
-Ciao, ma puce.
Angela raccrocha et se précipita vers la salle de bain.

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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 16:14

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Arthur s'assit et plongea sa tête dans ses mains. Pourquoi Angela ne l'avait-elle pas cru? Les jeunes avaient-ils besoin de la science pour croire à quelque chose? Le vieux psychologue dut reconnaître que lui-même n'y avait pas cru quand son père lui avait parlé de cette histoire quand il était jeune. Il se redressa et referma le livre devant lui en soupirant. Il était quasiment sûr qu'Angela n'avait pas seulement vu le collier, il était presque certain qu'elle était l'élue, celle qui se battrait pour le Bien. Arthur avait le médaillon rouge mais le vert demeurait introuvable. Le vieil homme repensa à son frère et à la tâche que ce dernier c'était toujours promis d'accomplir après la mort de leur père. Cette tâche il l'avait accomplie, mais pas dans le sens auquel s'était attendu Arthur. Peu importait, sans le médaillon rouge, Il ne pouvait rien faire. Le psychologue regarda le bijou qu'il avait posé à côté de son range stylos puis il se leva et alla prendre la tasse de thé qu'il avait oublié dans sa chambre.
Tout en buvant, il se rassit à son bureau et regarda la vieille photo de son père qui trônait au milieu de centaines de feuilles de notes. Il ne vit pas que médaillon n’était plus à côté du range stylos.
-Vous aviez raison père, dit-il en regardant le visage de l'homme sur la photo, et moi je ne vous ai jamais cru.
Il prit encore une gorgée de thé puis il tendit la main vers le visage de papier de son père. Le bruit du plancher qui grince l'interrompit. Il se retourna et Le vit dans l'encadrement de la porte.
-Vous? Comment avez-vous pu me trouver? demanda Arthur.
- J'ai du user de tous les arguments possible et imaginable pour soutirer votre adresse à l'un de vos proches.
-Mon Dieu, Louis, murmura le vieil homme en pensant à son frère.
-Vous avez quelque chose dont j'ai besoin.
Les yeux d'Arthur se baissèrent vers le poing fermé de l'homme. Dans cette main, le médaillon rouge…

*********************

La jeune femme descendit du bus et marcha sur quelques mètres pour arriver devant la taverne. Brad Deason l'attendait déjà devant l'entrée. Lorsqu'il la vit, il fut forcé de reconnaître qu'elle était superbe : simplement vêtue d'un jean bleu et d'un débardeur blanc sous une veste de cuir noir, elle avait bouclé ses cheveux et les avait tirés en arrière en laissant deux mèches encadrer son visage. Elle était légèrement maquillée et alors qu'elle s'arrêtait devant lui, Brad put sentir son parfum de jasmin.
Angela se figea à moins d'un mètre de l'avocat si elle arrivait encore à la qualifier ainsi. Brad était vêtu d'une veste en jean bleu foncé, qui allait de paire avec son pantalon, et d'un T-shirt blanc à larges bretelles en dessous d'une chemise rouge bordeau. Il s'était coiffé d'un stetson noir ce qui le changeait radicalement de sa veste-cravate d'avocat.
-Eh bien! Eh bien! Qui pourrait croire que vous avez ça dans votre garde-robe! dit Angela en souriant.
-…Je m'apprêtais à dire la même chose.
Il lui indiqua qu'elle pouvait passer devant puis il entrèrent dans le restaurant. Brad demanda une table pour deux personnes puis finalement, ils atterrirent sur deux hautes chaises au bar. Angela étonna l'avocat lorsqu'elle prit un immense verre de bière dont elle but un tiers en quelques gorgées. La musique, les lumières du soir, la bière et les deux cheeseburgers qui venaient d'être apportés, tout s'accordait pour que les deux nouveaux amis se détendent et qu'Angela cesse de voir Brad comme l'avocat qu'elle avait rencontré. Pendant deux heures, ils discutèrent de tout et de rien, de leur vie respective.
-Et comment vous en êtes vous sortie après l'accident de vos parents adoptifs?
-Eh bien, j'ai été trimbalée de foyer en foyer avec le peu d'argent qu'avaient pu me léguer mes parents adoptifs après leur mort. J'avais abandonné tout espoir d'avoir de vraies études quand à 19 ans, j'ai rencontré Thomas. On a tout de suite accroché et je sais pas pourquoi, il a décidé de prendre ma vie en main : contrairement à mes parents, ceux de Tom étaient très…aisés financièrement. Il a convaincu l'administration de me donner une bourse d'étude et j'ai emménagé avec lui dans un appartement qu'il a exprès choisi près de l'université.
Brad but une gorgée de bière puis son regard se perdit dans le vague.
-Moi, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui voulaient me suivre jusqu'au bout, mais c'est moi qui ai décidé de poursuivre ma vie seul, sans aide, dès mes dix-huit ans. J'ai toujours voulu mener ma vie en solitaire. Quand d'autres étudiants en droit sortaient avec des filles et faisaient la fête, moi je bossais. Je ne pensais pas pouvoir en trouver de fille qui correspondrait à ma façon de vivre et de penser…je cherche toujours d'ailleurs.
-Je pensais comme ça aussi, mais après ma rencontre avec Tom, je suis devenue plus ouverte et sociable.
-Alors trinquons à votre ange gardien, dit Brad en levant son verre.
Il était presque vingt-deux heures lorsqu'ils quittèrent la Tun Tavern.
-Que diriez-vous d'une marche le long de la plage pour digérer les litres de bière et les cheeseburgers, maître Deason.
- Ce n’est pas de refus.
Ils descendirent le long d'Arkansas Avenue puis ils dévalèrent les escaliers de la promenade pour enfin atterrir sur la plage. Angela enleva ses baskets et ses chaussettes puis elle retroussa le bas de son pantalon ; Brad ne tarda pas à l'imiter. Ils marchèrent pendant un bout de temps avant de s'arrêter pour profiter du paysage (lune ronde et horizon bleu nuit compris). La jeune femme se souvint enfin de ce qu'elle avait vu à l'orphelinat.
-Brad, est-ce que les Deason étaient vos véritables parents?
-Non.
Angela sentit les battements son cœur accélérer: serait-il le Brad qui était arrivé quelques jours avant elle à l’orphelinat, vingt-trois ans auparavant?
-Après avoir quitté mes parents, j'ai changé de nom de famille. Je n'ai jamais pu les supporter, non pas qu'ils fussent de mauvais parents, mais ils ne me comprenaient pas. Leur façon d'être me donnait l'impression qu'ils étaient mous et faibles. J'étais devenu tellement solitaire dans leur propre maison que les reproches ont commencé à fuser et les grandes disputes à éclater. Dès que je les ai quittés, j'ai voulu changer de nom.
-Et quel était le nom de vos parents?
-Les McKinley n'étaient pas mes parents…voilà peut-être pourquoi je ne les ai jamais vraiment aimés.
Angela se figea, c'était bien lui, mais quel était le lien entre lui et M. Levine? Ne voulant pas paraître fouineuse, elle cessa de poser des questions et proposa de reprendre la marche.
-Quel curieux médaillon, dit Brad au bout d'un temps.
Angela remit aussitôt le bijou sous son débardeur, par réflexe.
-Héritage, dit-elle simplement.
Les yeux de Brad restèrent un moment à fixer la main qu'Angela tenait serrée contre elle,…contre le médaillon.
Ils remontèrent sur la promenade puis longèrent quelques rues pour arriver au bas de l'immeuble d'Angela.
- C'était très sympathique Brad, dit Angela en se tournant vers l'avocat.
Ses yeux se plongèrent dans les siens. Brad tendit sa main et la posa sur le bras la jeune femme.
-Je ne cherche plus, murmura-t-il.
Angela ferma les yeux comme si une voix lui murmurait de rester avec lui, puis elle les rouvrit aussitôt et s’écarta lentement.
-Excusez-moi, dit Brad. Bonne nuit.
-Bonne nuit.
L'avocat regarda la jeune femme entrer dans le bâtiment. Apparemment, quand il avait posé sa main sur le bras d'Angela, elle avait mal interprété sa phrase. Il alluma un appareil dans sa poche, porta la main à son oreille pour tenir la mini-radio.
-Une minute, dit-il.
-OK, répondit une voix féminine.

Angela poussa la porte de l'ascenseur et sortit ses clefs pour ouvrir la porte. Thomas n'était probablement pas rentré ou alors il dormait déjà et avait sûrement fermé la porte à clef. La jeune femme réalisa que la porte était légèrement entrouverte. Elle fronça les sourcils et la poussa doucement. Elle se figea. Là, devant elle, sur le canapé, une femme était en train d'embrasser Thomas. Angela poussa encore la porte et s'avança dans la pièce.
-Ils sont bizarres vos dîner entre collègues, dit-elle.
Thomas la vit et s'écarta de la femme. Angela le regarda puis dévisagea la femme qui était à ses côtés. Elle devait avoir l'âge de Thomas ; elle était brune, plutôt mince et vêtue d'une longe robe noire fendue jusqu'à la cuisse.
-Angela, écoute-moi, dit Thomas. Ce n'est pas ce que tu crois, elle…
-Oh, mais je ne crois rien. Je suis sûre d'une chose: c'est que tu n’auras plus besoin de me mentir pour la voir parce que je ne serai plus là pour vous déranger.
-Angie, Hélène est une amie d'enfance, elle était juste venue, mais…
- Tu as décidé de renouer les liens de l'amitié, l'interrompit Angela.
Elle ne rajouta rien, fixa Thomas puis le sol. Elle se décida à s'en aller lentement. Elle sentit une main la saisir au poignet. Elle s'arrêta mais ne se retourna pas, sachant parfaitement qui osait encore lui parler.
-Angela, c'est un accident.
-Mon départ est une conséquence…ou un malentendu…ou la meilleure chose à faire, mais certainement pas un accident, dit-elle.
Elle se tourna vers Thomas et le regarda sévèrement.
-Tu peux appeler les faits comme tu le veux, ils n'en restent pas moins des faits.
Elle dégagea sa main pour s'en aller mais Thomas la rattrapa à nouveau.
-Lâche-moi, s'il te plait.
-Pas avant de t'avoir expliqué parce que tout ça est un malentendu et…
-Et je ne veux rien savoir ni rien entendre…lâche-moi.
Elle voulut repartir mais Thomas la retint.
-Non, reste, lui dit-il.
-Lâche-moi! cria-t-elle en le giflant.
Sans se soucier de lui, elle dévala l'escalier et sortit de l'immeuble.

La rue était sombre, éclairée par un lampadaire tout les vingt mètres, mais elle sembla très réconfortante à Angela sur le moment. Elle ne savait pas pourquoi elle était là. Elle se rappelait qu'elle était sortie de son immeuble puis elle avait couru droit devant elle et s'était finalement dirigée vers la maison qu'elle avait juré d'oublier. Elle passa la porte du jardin et traversa l'allée au milieu des orties jusqu'à la porte. Angela renifla puis porta une main sous son œil pour essuyer une larme mais elle réalisa qu'elle n'en avait pas. Elle n'avait même pleuré en découvrant son petit ami dans les bras d'une "amie d'enfance".
Elle se redressa et toqua trois fois à la porte. Voyant que personne ne répondait, elle toqua à nouveau. Elle voulut ouvrir la porte mais elle était fermée à clef. Elle pensa enfin à regarder sa montre: 1h30 du matin. Le psychologue dormait sûrement mais il fallait qu'elle le voie. Elle ne savait pas pourquoi, elle sentait que la présence du vieil homme le réconforterait même si elle le considérait comme fou. Elle vit que la fenêtre à côté de la porte était grande ouverte, elle décida d'entrer par là. "Elle est entrée par effraction" dit une voix au fond d'elle.
-Je plaide la folie passagère, se répondit-elle en un murmure.
D'un bond plutôt agile, elle arriva à l'intérieur de la maison. Tout était calme, pas un son, pas un mouvement, rien. "A quoi tu t'attends chez un vieux psychologue à une heure du matin,…une pyjama party?" pensa-t-elle en se rendant compte qu'il n'y avait rien d'anormal si ce n'était qu'elle était entrée la nuit chez un homme qu'elle avait traité de cinglé. Pourtant quelque chose la dérangeait, une petite voix lui disait que quelque chose clochait. Ce quelque chose qu'elle ne cessait de se répéter dans la tête, elle ne savait pas ce que c'était. Elle avança à pas de loup dans le vestibule, en face de l'escalier. Elle renifla l'air : une odeur étrange venait de l'étage supérieur, une odeur qu'elle n'avait jamais senti auparavant mais qu'elle pensait connaître, une odeur qui l'inquiétait. Elle regarda en haut de l'escalier et remarqua une très faible lumière. Elle monta l'escalier rapidement mais silencieusement et poussa la porte de la pièce source de la lumière.
Elle faillit hurler en entrant dans le bureau. Par terre, le vieux psychologue était étendu, immobile, ses vêtements couverts de sang. Angela se précipita sur lui et le regarda, affolée. Des traces de morsures étaient visibles à sa gorge et ses bras étaient griffés tout du long. La jeune femme porta sa main à sa bouche : elle avait la nausée. Sa respiration s'accéléra, elle était paniquée. Que s'était-il passé? Que devait-elle faire? Une lampe était renversée à côté du vieil homme, et des livres et des feuilles étaient éparpillés par terre. Elle n'osait toucher le corps du vieux psychologue. Elle ferma les yeux, inspira et tendit la main vers la gorge ensanglantée pour vérifier si le docteur Levine était mort. Le corps du vieil homme sursauta. Angela cria et fit un bond en arrière. Arthur gémit en portant une main tremblante à sa gorge. La jeune femme s'agenouilla près de lui et lui soutint la tête.
-M. Levine, qui vous a fait ça?
- C'est Lui, murmura le vieil homme en gardant ses yeux fixés au plafond. Il m'a retrouvé et Il l'a pris.
-Qui? demanda Angela.
- L'élu…, répondit Arthur, celui que tu dois combattre.
Angela secoua la tête, le pauvre homme ne savait plus ce qu'il disait.
-Ne bougez pas je vais appeler les secours, dit-elle en prenant son portable.
-Non, gémit le vieux psychologue en lui saisissant le poignet. Il est trop tard, il a le médaillon.
Sa main lâcha celle d'Angela et remonta vers le col du débardeur de la jeune femme: le bijou pendait au bout de sa chaîne.
-Il faut y croire, murmura-t-il en passant sa main sur le médaillon vert.
Angela regarda son collier puis ses yeux revinrent sur le psychologue. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du vieil homme.
-Je vais vous sortir de là, dit-elle en prenant son portable.
-Il faut y croire, répéta Arthur sans l'écouter. Il faut…y…croire.
Ces mots, il les avait prononcés avec son dernier souffle. Sa main était tombée sur les genoux d'Angela et ses yeux étaient vides de toute vie. La jeune femme ne bougea pas pendant un moment. Sa respiration était rapide, ses yeux inquiets, son expression douloureuse et paniquée mais elle ne parvenait pas à pleurer. Plus qu'auparavant, elle ne savait pas quoi faire. Elle prit la main du vieil homme et la posa sur son ventre. Elle vit que l'autre main du psychologue tenait quelque chose. Le livre qui racontait l'histoire des élus, le livre qu'elle avait refusé de lire et de croire. Elle porta sa main à son médaillon. Tout devenait clair, tout s'expliquait, elle comprenait tout. L'orphelinat, le collier, le rugissement, la rapidité tout s'expliquer grâce à une histoire qu'elle n'avait jamais voulu croire. Elle serra le livre contre elle.
- J'y crois maintenant, murmura-t-elle en regardant le corps du vieil homme.
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 20:21

et ben pour une histoire c'est une belle histoire non mais franchement sans rigoler tu devrais en faire un livre!!!!!!!!!!
Moi si j'étais un éditeur et qu'on me propose ca je dis oui direct!!!!!!!!!!!!!

King of the danceflo Fiestaaa! BRAVO!!!!!!!!! Fiestaaa! King of the danceflo
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Lun 2 Avr - 21:21

merci beaucoup! :D
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Mer 4 Avr - 10:50

Chapitre 5: L'autre.

Tout lui semblait froid et sinistre, elle ne savait pas où aller. Après avoir prévenu la police, Angela avait quitté la maison du vieux psychologue et était revenue au cœur de la ville d'Atlantic City. Elle croyait à présent à cette histoire qui lui avait paru invraisemblable, elle ne savait pas pourquoi elle y croyait mais cela expliquait tellement de choses qu'elle voulait y croire.
La jeune femme s'arrêta et regarda autour d'elle. Elle était dans une de ces rues où l'on ne peut trouver que des poubelles, des tuyaux et…un cul-de-sac. Elle soupira et se décida à faire demi-tour et, pour rajouter à sa joie, il se mit à pleuvoir. Angela leva la tête et regarda le ciel noir. La pluie lui donnait les larmes qu'elle ne parvenait pas à avoir ; l'eau lava ses mains couvertes du sang d'Arthur Levine. La jeune femme réalisa combien sa vie avait changé en à peine une semaine : elle avait perdu son petit ami, un vieil homme venait de mourir assassiné, il lui avait raconté une légende complètement irréelle qu'elle voulait se forcer à croire et elle devait affronter le meurtrier du vieil homme avec des pouvoirs qu'elle ne pensait même pas avoir pour sauver l'humanité. Epuisée physiquement et mentalement, elle se laissa tomber à genoux par terre dans une flaque d'eau. Elle serra contre elle le livre qu'elle avait abrité sous son blouson.
Des pas sur le sol trempé attirèrent son attention. Elle plissa les yeux pour voir qui marchait vers elle.
-Que faites-vous toute seul sous cette pluie torrentielle?
Elle reconnut instantanément cette voix.
-Brad? Que faites-vous là?
L'homme s'approcha d'elle.
-Je vous ai cherchée, dit-il. Juste après mon départ, je vous ai vu sortir de votre immeuble en courant. La chance m'a attiré ici.
La jeune femme le regarda sans bouger. Brad s'essuya la figure de sa main puis il s'approcha d'Angela.
-Venez, vous ne comptez pas rester ici?
-Quelque chose d'horrible viens de se passer…
-Pourquoi êtes-vous partie de chez vous?
Angela s'apprêta à répondre mais Brad le fit avant elle.
-Hélène a-t-elle si bien exécuté mes ordres? demanda-t-il.
La jeune femme se figea. Avait-elle bien entendu? Elle n'osait comprendre ce que venait de dire l'avocat.
-Je dois dire qu'elle était parfaitement dans les temps et ce pauvre Thomas qui se retrouve tout seul sans rien comprendre…c'est affligeant, continua-t-il en marchant lentement autour d'Angela.
La jeune femme fronça les sourcils, elle n'osait croire ce qu’il lui racontait.
-Bah, tu sais ce qu'on dit : un de perdu, dix de retrouvés. T'en trouveras d'autres des vétérinaires.
Il lui tapota l'épaule d'une façon qui se voulait réconfortante.
-Je n'aurais jamais cru que le vieux survivrait aussi longtemps. Pas si fragile qu'on pourrait le croire, hein?
Angela ferma les yeux en comprenant ce qui était arrivé au docteur Levine. Elle sentait Brad tourner encore autour d'elle comme un vautour attendant qu'une proie affaiblie devienne charogne.
- C'est que ça n'a pas été facile d'avoir son adresse. Son frère a mis un bout de temps avant de me dire où ce cher Arthur habitait.
Angela releva la tête et regarda l'avocat. Ce dernier sourit et prit l'air faussement étonné.
-Oh! Il ne te l'a pas dit? Le vieux psychologue avait un frère qui s'était juré de trouver les élus, malheureusement, il est tombé sur moi en premier alors pendant cinq ans, il m'a bien appris tout ce qu'il fallait savoir, il ne savait pas lequel des élus j'étais. Mais récemment, il a commencé à parler de sa découverte à ce cher Arthur, c'est là que j'ai compris que j'avais besoin du frère pour compléter ma collection d'objets magiques. En effet, Louis Levine avait le poignard mais le médaillon était resté à l'orphelinat. Ce n'est qu'après ton passage et celui de ton psy que j'y suis allé mais…c'était trop tard, le vieux m'avait déjà dépouillé de mon joli médaillon.
Il montra le bijou en souriant. Angela lui lança un regard méprisant.
-Je suis donc parti rendre visite au psychologue pour lui parler de mes problèmes. Il ne s'est pas montré très compréhensif, j'ai dû…user de la manière forte.
Il s'arrêta et sortit le poignard.
-Joli n'est-ce pas? Louis l'avait acheté dans une vente aux enchères, c'est comme ça qu'il m'a trouvé. J'ai son jumeau…regarde.
Il sortit un deuxième poignard.
-Celui-là, c'est le tien. Hélène a eu la gentillesse de me le donner après avoir fouillé dans tes affaires, mais…c'est avec celui-là que les Levine ont été poignardé.
Il agita son poignard. Angela n'avait rien dit jusque là. Elle savait très bien pourquoi Brad lui avait tout raconté: il voulait lui montrer qu'il avait tout bien contrôlé autour d’elle pour en arriver à ce qu'il voulait.
-Pourquoi? demanda-t-elle tout de même.
Il haussa les sourcils.
-Parce que tu n'as pas encore compris? Tu es mon adversaire! C'est écrit depuis des millénaires: on doit se battre, les deux élus se rencontrent pendant un seul et unique combat tous les mille ans pour décider du sort de l'humanité, bla bla bla bla… J’avais déjà quelques soupçons au tribunal mais quand j’ai vu ta signature dans ce registre à l’orphelinat...j’ai compris.
Angela se releva lentement.
-Je vois que tu n'y crois toujours pas à cette histoire. Le vieux psy serait déçu.
La main d'Angela monta à son médaillon, il était brûlant et brillait plus que jamais. Elle regarda le cou de Brad et vit qu'attaché à une chaîne autour de celui-ci, le médaillon rouge étincelait aussi.
-Vous êtes l'élu, murmura-t-elle.
Il sourit et fit craquer les os de ses doigts.
- C'est un cauchemar, se dit-elle à haute voix.
-Non.
L'avocat sourit à nouveau et s'approcha d'elle.
- C'est pire, dit-il en posant sa main sur la nuque de la jeune femme.
Il la saisit à la gorge et l'envoya avec une force surprenante contre le mur du bâtiment le plus proche. Angela retomba violemment à terre, le souffle coupé. Elle ne voulait pas se battre, elle n'y était pas préparée. Elle commençait à peine à croire à cette histoire de pouvoir provenant de liens avec les animaux. L'avocat enleva sa veste en jean et sa chemise.
-Allez, complique-moi un peu la tâche! Je veux un peu de piment dans ce combat!
Angela se releva en s'appuyant sur ses mains pour lui faire face, mais il lui envoya un crochet du droit dans la figure avant qu'elle n’ait eu le temps de se mettre en position de défense. Brad savait parfaitement utiliser son pouvoir, mais Angela n'avait pas le moindre idée de comment elle pouvait obtenir les caractéristiques des animaux auxquels elle était liée.
-Tu ne sais pas comme ça a été agaçant ces derniers temps de devoir te choyer et te consoler tout le temps pour obtenir quelques informations sur toi afin d'être fixé, dit Brad puis il prit une voix plus aigu. "Mon père et ma mère sont morts dans un accident de voiture quand j'avais 16 ans, j'étais toute seule. Heureusement, il y avait Thomas". Thomas le sauveur, Thomas l'ange gardien, Thomas le parfait mari n'est pas là aujourd'hui! Tu es toute seule Angela! Toute seule! Tu n'as plus rien à défendre, tu n'es plus qu'une femme encore ado en pleine crise qui a reçu de super pouvoir qu'elle ne sait même pas utiliser!
L'arcade sourcilière entaillée et la tempe couverte de sang, Angela fit à nouveau face à son ennemi. Elle voulut lui envoyer un coup de poing mais Brad lui attrapa le poignet et lui enfonça son genou dans le ventre. La jeune femme retomba à nouveau sur le sol trempé, deux mètres plus loin. Elle ne voulait pas se battre, pas contre lui, pas sans s’être entraînée. En se tenant les côtes, elle rampa le plus loin possible de Brad, mais celui-ci marcha jusqu'à elle.
-Au nom du ciel, Angela! Bats-toi! Montre-moi que tu peux m'affronter! Je veux un adversaire, pas une proie!
Il l'envoya valdinguer quelques mètres plus loin d'un coup de pied dans le ventre. Angela atterrit contre une benne à ordures.
-Bon, je me suis assez ennuyé comme ça. Puisque tu as décidé de rester ce que tu as toujours été, c'est-à-dire une étudiante paumée et traînée par un malheureux véto, je vais clore le combat le plus court de l'humanité.
Il sortit son poignard et le tint contre la gorge d'Angela.
-Si tu avais ne serait-ce qu'écouté le vieux Arthur, tu aurais su ce qui adviendra de ce monde après ma victoire et tu aurais peut-être mis un peu plus de cœur à l'ouvrage.
Angela le fixa, ferma ses paupières, inspira profondément puis ouvrit les yeux. L'iris de ces yeux était devenu jaune doré. Ne s'y attendant pas, Brad n'eut pas le temps d'éviter la main, paume ouverte, qu'Angela lui envoya contre le ventre et qui le projeta cinq mètres en arrière. La jeune femme se releva et regarda sa main: ses ongles avaient cinq centimètres de plus que d'habitude et étaient beaucoup plus épais. Brad se remit sur pied: la pupille de ses yeux n'était qu'une fente noire. Il ouvrit la bouche laissant voir deux crochets et une langue fourchue.
-Enfin, la tigresssse sse réveille! dit-il.
Il courut vers elle en hurlant. Angela s'écarta pour l'éviter et le griffa dans le dos. La jeune femme ne savait pas comment changer de liaison, ni comment cesser d'être la lionne qui était le seul animal qu'elle avait réussi à faire jusqu'à ce jour. Elle voulut saisir Brad par le bras mais la peau visqueuse de serpent glissa dans sa main l'empêchant d'avoir une vraie prise de contact. L'homme rit en voyant l'air déconcerté de la jeune femme. Elle le gifla, laissant quatre longues marques sanglantes sur la joue de l'avocat. Brad la regarda avec fureur, ses yeux redevinrent normaux mais des poils noirs poussèrent sur ses avant-bras et la peau de ses mains prit une teinte grise. Il poussa un grognement et se jeta sur Angela. La jeune femme n'eut pas le temps de réagir et tomba à terre sous le poids de son ennemi qui commença à la frapper de ses poings au visage. Elle essaya bien de le griffer au torse et sur les bras mais la peau de Brad était devenue épaisse et résistante. Elle rugit, lui mordit la main et le repoussa à l'aide de ses pieds. L'avocat tomba puis se releva, redevenu un homme normal. Son T-shirt était déchiré, son visage balafré et sa main ensanglantée.
-Voilà…maintenant,…nous pourrons nous battre, dit-il en essuyant la sueur de son front. Quand tu seras prête…tu pourras m'affronter.
Angela sentit le sang de l'homme sur ses crocs.
- Et maintenant, tu y crois? demanda-t-il.
Il retourna prendre sa veste et jeta l'un des poignards aux pieds d'Angela.
-Tu auras besoin de ça.
Il passa à côté d'elle et au dernier moment, lui envoya un puissant coup de pied dans le ventre ce qui projeta la jeune femme contre un mur.
-A plus tard! dit Brad en s'éloignant.
Les yeux Angela avaient repris leur couleur naturelle lorsqu'elle les rouvrit. Elle ne savait pas comment le livre du vieux psychologue avait résisté à tous ces chocs sous son blouson, mais elle savait que ce n'était pas le cas de ses côtes. Etendue sur le béton entre deux bennes, elle n'avait pas la force de se relever. La pluie venait se mêler au sang sur son visage. Avec difficulté, elle plongea sa main dans la poche de sa veste et sortit son portable (étonnamment entier) et composa lentement un numéro de téléphone.
-Angela? répondit la voix de Thomas.
La jeune femme ne répondit pas, bâillonnée par la douleur.
-Allo? demanda Thomas.
-Penn…, murmura Angela.
-Allo?
-Pennsylvania…
-Angela?
-Pennsylvania…Avenue.
- Qu'est-ce que tu dis?
-Pennsylvania…A…Avenue.
Angela perdit connaissance.

*********************

Thomas freina brusquement. Un cul-de-sac, il avait bien besoin de ça. Il avait parcouru la Pennsylvania Avenue depuis la mer jusque là et il ne l'avait pas trouvée. Pourtant il avait bien entendu. Sa voix était faible mais il avait distingué deux mots: Pennsylvania Avenue…et il tombait maintenant sur une impasse. Que lui était-il arrivé? Thomas n'avait pas pu lui expliquer ce qu'il s'était réellement passé dans l'appartement quelques heures auparavant, mais elle l'avait appelé, elle voulait le revoir et il fallait qu'il la retrouve.
Il sortit de sa voiture, sous la pluie, et alla contre le mur du fond. Il n'y avait aucune rue perpendiculaire, l'avenue s'arrêtait là et laissait place à une série d'immeuble. Où était-elle? Il se décida à redescendre l'avenue pour vérifier à nouveau qu'elle n'était pas là et après, il appellerait la police pour la rechercher. Tandis qu'il retournait vers sa voiture, il trébucha et s'étala de tout son long sur le sol trempé. Il secoua la tête et se releva. Il essuya ses mains contre son jean mais réalisa qu'elles étaient toujours humides et même visqueuses. Il regarda et s'aperçut avec horreur qu'elles étaient couvertes de sang ; mais ça n'était pas son sang, il n'avait aucune égratignure.
-Angela, murmura-t-il.
Il regarda autour de lui. Il faisait nuit, il n'y avait aucun lampadaire et la pluie ne l'aidait pas à voir. Le sang qu'il avait sur les mains venait de la flaque d'eau dans laquelle il était tombé. De cette flaque, les yeux de Thomas suivirent des traces de sang qui partaient vers des bennes à ordures. Il se précipita dans cette direction et il la vit, étendue entre les deux bennes, le visage en sang, son jean déchiré aux genoux. Elle était trempée des cheveux jusqu'aux pieds.
-Angela! s'écria-t-il en s'agenouillant à côté d'elle.
Il n'osa pas la toucher de peur de lui faire mal. Il vit le sang venant du front d'Angela couler sur ses yeux clos.
-Mais…qu'est-ce qu'il t'est arrivé? Qu'est-ce qu'il s'est passé? Qui t'as fait ça?
Ce n'est qu'à ce moment qu'il pensa à prendre le pouls de la jeune femme. Il soupira de soulagement, elle était en vie. Il passa doucement une main sous la nuque d'Angela et l'autre sous ses jambes pour la soulever délicatement et l'étendre sur la banquette arrière de la voiture. Pendant un instant, son regard resta hypnotisé par le visage en sang d'Angela. Qui avait bien pu lui faire ça? Il secoua la tête, se mit au volant et fonça loin de cette rue sordide.

Thomas ouvrit la porte et laissa Julia entrer.
-Je suis venue le plus vite que j'ai pu, dit-elle.

(...)
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Mer 4 Avr - 10:52

-Merci.
Il se regardèrent pendant quelques secondes puis Thomas éclata en sanglots. Julia le prit dans ses bras et lui caressa doucement l'épaule pour le consoler. Elle était non seulement l'amie d'Angela mais aussi celle de Thomas depuis quelques années.
-Je ne sais pas ce qui lui est arrivé…, dit Thomas en pleurant. Si seulement elle était restée ici, rien ne se serait passé,…c'est ma faute!
-Là, là, dit calmement Julia d'une voix rassurante. Ce n'est pas de ta faute, d'accord?
-Je ne peux pas vivre sans elle, gémit Thomas en tombant à genoux aux pieds de la mexicaine. Je ne peux pas vivre sans elle.
Julia ne savait pas grand chose de ce qu'il s'était passé ce soir-là, mais elle était sûre que Thomas n'y était pour rien.
-Où est-elle? demanda-t-elle.
Thomas la regarda puis se tourna vers le chambre.
-Allongée…sur le lit.
-Tu ne l'as pas conduite à l'hôpital?!
Le jeune homme se redressa lentement en essuyant ses larmes.
-Dans la voiture, elle a reprit connaissance et je l'ai rassurée en lui disant que je l'emmenais à l'hôpital mais juste avant de s'évanouir, elle m'a bien dit de ne pas l'y emmener et que tout s'arrangerait.
Julia haussa les sourcils.
-Et tu l'as crue? Tu m'as dit qu'elle avait le visage en sang et parce qu'elle te le demande, tu ne l'emmènes pas à l'hôpital?
- Je ne sais pas,…je ne sais plus.
Il alla s'asseoir sur un canapé et plongea sa tête dans ses mains. Julia entra dans la chambre et elle la vit, allongée sur le lit, éclairée par une lampe de chevet. Thomas lui avait nettoyé ses blessures et lui avait administré tous les soins possibles. La mexicaine se rappela tout d'un coup qu'il était vétérinaire et qu'il était tout de même capable de procurer les premiers soins à un blessé. Elle s'assit sur le lit à côté de son amie et lui prit la main.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ces temps-ci? Dans quel pétrin tu t'es fourrée, hein? Ce n’est pas ton style de t'attirer des ennuis comme ça.
Mais le regard d'Angela demeurait immobile et sans expression.
-Je vais rester ici, le temps que tu te réveilles et je t'en prie, écoute ce que Thomas a à te dire, il t'aime vraiment…comme jamais je n'ai vu un homme aimer une femme.
Elle passa une main sur le front de son amie pour écarter quelques mèches de cheveux. Elle la contempla pendant un court instant puis se leva pour aller rejoindre Thomas dans le salon.

*********************

"Non, ne pars pas, Julia, s'il te plait.", pensa Angela en entendant son amie partir. Elle ne voyait rien mais entendait tout, comme dans un rêve flou ; elle était là mais ne pouvait pas agir ou intervenir. "Réveille-toi" s'ordonna-t-elle. Elle voulait leur parler, raconter à Julia ce qui avait tout bouleversé, dire à Thomas qu'elle savait ce qu'il s'était réellement passé ce soir-là et s'excuser de ne pas lui avoir fait confiance. Mais tout cela elle ne pouvait pas le faire car elle était inconsciente. "Allez! Réveille-toi! Tu as des milliers de choses à faire!"
"J'essaie mais j'y arrive pas!", se répondait-elle.
"Quand on veut on peut! Tu ne vas pas laisser ton ennemi bouleverser une vie que tu as patiemment construite!"
"De toute façon je vais mourir…je n'ai aucune chance face à lui"
Une partie d'Angela se résigna déjà à ne pas se réveiller et à laisser la réalité comme elle était.
"LEVE-TOI!", hurla l'autre partie.

Angela poussa un cri étouffé et se redressa en tremblant. Ses yeux parcoururent la pièce à une incroyable vitesse. Sa respiration était rapide et son cœur battait à un rythme effréné. Pourquoi faisait-il si noir? Brad l'avait-il emportée après qu'elle se soit évanouie? Avait-elle rêvé la voix de Julia? Elle voulut se lever mais ses pieds se prirent dans ce qui semblait être un drap et elle tomba à terre. Elle se mit à quatre pattes et se blottit contre un meuble. Elle ne voyait rien, que l'obscurité.
Pourtant, quelque chose attira son attention, une lueur un peu plus loin. Comme un papillon de nuit vers une lanterne, Angela avança vers cette clarté surnaturelle. Ce n'est qu'en s'arrêtant à quelques centimètres de la lueur verte qu'Angela réalisa qu'il s'agissait de son médaillon. Mais pourquoi brillait-il autant? La jeune femme le saisit et le mit rapidement. Elle le savait maintenant, elle ne pouvait plus vivre sans le porter, elle était liée à lui. A peine le médaillon fut-il autour de son cou qu'il cessa de briller comme si il n'était plus nécessaire d'attirer qui que ce soit puisque Angela avait répondu à son appel. Il faisait toujours aussi noir et le collier n'éclairait plus rien. La jeune femme eut une étrange sensation, comme une boule de feu venant de son cœur et montant à grande vitesse jusqu'à son cerveau, elle ferma les yeux et sentit cette boule de feu envahir tout son corps depuis son crâne. Elle releva lentement les paupières. Une personne se trouvant dans la même pièce aurait pu sursauter en voyant les yeux jaunes et brillant d'Angela dans le noir, mais la jeune femme était toute seule.
Elle voyait presque parfaitement et remarqua qu'en fait, une très faible lumière venait dans la pièce par-dessous une porte. Elle s’aperçut alors qu'elle était chez elle, dans sa propre chambre. Elle ôta sa main griffue de son médaillon et se releva en reniflant l'air. Thomas et Julia étaient juste dans la pièce d'à côté, elle pouvait les sentir. A pas de loup, elle contourna le lit pour se diriger vers la porte. Elle passa devant son miroir et sursauta. Ça ne pouvait pas être elle. Elle passa une main sur ses cheveux devenus noirs des racines jusqu'aux pointes et regarda ses yeux dorés. De longues canines lui donnaient des allures de vampires. Elle contempla avec fascination et frayeur ses griffes fines et noires. Comment pourrait-elle paraître devant sa meilleure amie et Thomas avec cette apparence surnaturelle? Comment pouvait-on affaiblir une liaison.
-Brad le sait, lui, dit-elle avec un semblant de ricanement. Mais toi, tu as voulu jouer à la scientifique et tu n'as pas pris le temps d'écouter la docteur Levine. Heureusement que tu as…
Elle s'arrêta et regarda autour d'elle avec anxiété. Le livre, où était-il? Brad l'avait-il pris? Paniquée, elle fouilla toute la pièce du regard. Son blouson n'était pas là non plus. Elle se figea quelques secondes et écouta cette voix qui vous force à vous arrêter pour réfléchir au lieu de paniquer. "Thomas t'a sûrement ramenée, il t'a soignée, il ne l'a pas fait alors que tu avais ton blouson, il a dû trouver le livre et il l'a mis de côté, DONC, il suffit d'aller le chercher". Elle se dirigea à nouveau vers la porte puis elle se souvint de sa soudaine apparence de canis lupus. "Et comment je fais pour redevenir moi?", se demanda-t-elle sérieusement. "Euh…va-t-en loup!…zou!…oust! Leave now and never come back!". Tous ces ordres idiots ne firent rien. Elle soupira, saisit son collier et désespéra de ne jamais pouvoir contrôler son pouvoir. Tout ce qu'elle voulait c'était que ce lien avec le loup se détende et devienne plus faible, c'était tout ce qu'elle souhaitait. Elle réalisa soudainement qu'elle n'avait plus ses griffes et qu'elle ne voyait plus rien. Contente mais déçue, elle alla (enfin) pousser la porte de la chambre.

Thomas et Julia étaient assis sur le canapé ou plutôt, à moitié allongés, en train de dormir. Angela ne leur en voulait pas: il était cinq heures du matin et ils n'avaient probablement pas beaucoup dormi ces derniers temps. Elle marcha lentement pour ne pas les réveiller et s'aperçut vraiment des dégâts en se voyant dans la glace près de la cuisine. Elle avait des ecchymoses sur les bras, le front et la joue, une entaille à l'arcade sourcilière et plusieurs coupures et égratignures sur le front, les mains et les joues.
-Beau boulot, Brad, se murmura-t-elle. Mais ne crois pas que je vais m'en tenir à ça, je vais te donner l'occasion de finir ton travail.
Son regard s'arrêta sur le livre du vieux psychologue, posé sur la table du salon à côté de son blouson. Elle le saisit avec précaution et le regarda attentivement. Les bords de la couvertures étaient pliés et abîmés, elle ne pouvait pas espérer mieux après le dur traitement qu'elle lui avait infligé. Elle s'assit sur une chaise en bois et parcourut avec attention la première partie de l'œuvre. Elle en connaissait déjà les bases: le premier parlait de la théorie des liaisons entre les êtres humains et les animaux, le deuxième était consacré à décrire les pouvoirs des élus et à expliquer leur tâche.
Angela découvrit avec étonnement l'histoire des quatre premiers élus: Peu après l'an zéro, Jésus Christ affronta Anne la prêtresse, représentante du mal. Le Christ la vainquit et mille ans s'écoulèrent avant que deux autres élus ne se rencontrent: le chevalier Thibault de Chastelnoir et Sarah, une paysanne. Par une chance extraordinaire, Sarah remporta le combat pour laisser la place, un millénaire plus tard, à Angela. Pendant un instant, la jeune femme pensa qu'elle descendait de Jésus mais elle découvrit (avec un soupçon de déception) que les élus ne descendaient pas les uns des autres.
Elle s'assoupit après avoir lu la cent quatre-vingt dix-huitième page. Sa chute sur le sol après être tombée de sa chaise, réveilla Julia et Thomas.
-Angela! s'écria ce dernier.
Il accourut auprès d'elle et l'aida à se relever.
-Comment te sens-tu?
Angela posa ses mains sur les épaules de Thomas puis le serra dans ses bras.
-Je te jure que je n'ai rien voulu de ce qu'il s'est passé.
-Je sais, je sais…, murmura la jeune femme.
Elle regarda Julia et la prit aussi dans ses bras.
- J'ai…beaucoup de chose à vous expliquer pour ma part, dit-elle en s'écartant d’eux comme un orateur qui s'apprête à faire une déclaration.

Angela regarda en silence Thomas et Julia. Elle attendait avec anxiété leur réaction.
-Mais ça ne change rien, je suis toujours la même, rajouta-t-elle voyant qu'ils gardaient la tête obstinément baissée.
Julia lui lança un regard étrange, entre crainte, respect et amitié.
-Je ne suis pas une mutante ou un alien, je suis une jeune étudiante qui a seulement la capacité d'amplifier les connections qui la lient à des animaux.
- C'est sûr que vu comme ça, tout est normal, dit Thomas.
Angela mit du temps à réaliser qu'il était ironique. Le jeune homme se leva et prit la main de sa petite amie.
-Angela,…que tu aies ce genre de pouvoir ne me fait pas peur mais…laisse-nous quand même le temps de digérer ce que tu viens de nous dire.
La jeune femme acquiesça lentement.
- C'est vrai…moi-même j'ai mis quelques temps à le croire.
- C'est cet affrontement qui m'inquiète. Angela,…c'est dangereux.
-Je le sais, je vais m'entraîner, je vais trouver le moyen de changer de lien en peu de temps et de choisir celui que je veux.
Les trois amis discutèrent de ce sujet pendant plusieurs heures. Thomas proposa à Angela de suivre en plus des cours d'arts martiaux et autres sports de combats, suggestion que tous approuvèrent.
Il allait bientôt être neuf heures quand Angela se leva pour se servir un verre de jus d'orange. En revenant de la cuisine, elle s'arrêta et ne bougea plus, comme pétrifiée.
- Qu'est-ce qu'il y a? demanda Julia inquiète.
La jeune femme lâcha son verre qui alla se briser sur le parquet, l'inondant de jus d'orange. Tandis que Thomas et Julia se levaient, très inquiets, Angela s'écroula par terre. Les deux amis accoururent auprès d'elle.
-Angie?
La jeune femme bondit en arrière et s'accrocha au mur en les fixant de ses yeux de caméléon. Elle grimpa jusqu'au plafond puis sauta sur la table et roula par terre. De ses griffes de lionne, elle déchira la moquette et bondit sur le canapé. Elle reparut de derrière le sofa, la peu légèrement écailleuse et une langue fourchu sortant de sa bouche pour sentir l’air. Thomas et Julia étaient collés contre le mur, effrayés.
- Qu'est-ce qu'il se passe? Qu'est-ce qu'il lui arrive? demanda Julia horrifiée.
Angela s'effondra sur le canapé et resta immobile pendant quelques secondes.
-Je n'en ai aucune idée, répondit Thomas tout aussi effrayé.
Angela leva ses yeux jaunes vers eux.
-Le…livre…, dit-elle difficilement.
Elle désigna avec peine le livre toujours à terre de son doigt griffu couvert de fourrure. Julia regarda son amie puis le prit avec hésitation. Angela grogna, saisit son médaillon avec ses griffes et bondit en avant vers la femme mexicaine. Julia hurla et s'écarta pour éviter la jeune femme métamorphosée. Celle-ci montra les crocs en grognant.
-Tout doux, Angela. Tu me reconnais? C'est moi Julia, ton amie, dit-elle en reculant lentement.
Angela bascula en arrière et se prit la gorge à deux mains.
-Je crois que la réponse et dans ce livre. Cherche! ordonna Thomas à Julia.
La femme sursauta et commença à fouiller à toute vitesse dans le livre.
-Euh,…les élus…, non c'est pas ça,…leur pouvoir, non…
Angela était en train de griffer le mur en miaulant.
-Continue de chercher, je vais l'emmener dehors avant qu'elle ne casse tout, dit Thomas en se précipitant vers la cuisine.
Il prit une boîte de nourriture pour chat et l'ouvrit au moment où Angela renversait la télévision en sautant dessus.
-Angela, houhou, par ici! dit Thomas en agitant la boite au poisson-légumes. Viens ma belle, viens par ici. Regarde ce que j'ai pour toi.
Le jeune homme se surprit à faire les bruits que l'on fait habituellement à un animal pour attirer son attention comme faire claquer sa langue sur son palais ou encore faire des bruits de bisous…etc.
-Euh…allez, viens Angela, dit-il en se rendant compte qu'il s'agissait tout de même de sa petite amie.
Pourtant, ces bruits furent efficaces puisque la jeune femme cessa enfin de lacérer la couverture d'un fauteuil et regarda enfin ce que brandissait Thomas.
-Viens ma chérie, viens…
Julia lui lança un regard à la fois désabusé et complaisant puis continua à feuilleter. Angela avançait debout mais légèrement courbée avec une démarche féline. Cyrus et Milou, voyant Thomas prêt à donner l'une de leur boîte de nourriture à leur maîtresse, accoururent en miaulant doucement pour protester. Angela poussa un puissant miaulement en montrant ses longues dents ce qui les fit rapidement battre en retraite. Thomas reculait vers la porte d'entrée en tendant la nourriture vers la jeune femme qui le suivait avec des yeux avides. Il ouvrit la porte et continua ainsi dans le couloir.
- C'est bien, bonne fifille, continue, dit le jeune homme qui s'était résolu à l'idée qu'Angela était à moitié animale.
Il ouvrit la porte de verre qui permettait d'entrer dans la salle commune de l'étage. C'était une longue pièce assez large avec une allée qui traversait un beau gazon vert. Plusieurs fauteuils en osier étaient disposés autour de tables en fer forgé peint en blanc. L’architecte de cet immeuble avait pensé qu'un coin de verdure, quand on est dans un immeuble, est assez reposant.
Thomas déposa la boîte sur l'herbe et laissa Angela se précipiter dessus. Il sortit en refermant soigneusement la porte derrière lui.

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Votons pour les fetos d' opautharge!!!!! (merci KaKa pour ces superbes mots!)
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MessageSujet: Re: A single fight (Un unique combat)   Mer 4 Avr - 10:52

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Julia referma le livre en soupirant.
-Ce n'est pas marqué combien de temps ça va durer, ça dit juste quand ça va commencer.
Thomas soupira à son tour et regarda Angela qui se tordait sur le sol, essayant à présent de lutter contre les parts animales qui la submergeaient. Julia avait trouvé dans le livre que vingt-quatre heures après avoir mis le médaillon, les liaisons ne devenaient plus contrôlables et s'intensifiaient seules, sans le contrôle de l'élu. Angela ne s'était pas attendue à cela et avait laissé les liaisons la submerger mais Thomas voyait bien que peu à peu, elle parvenait à reprendre le contrôle. Il était midi et la plupart des habitants de l'étage commençaient à sortir de leur appartement. "Elle répète une chorégraphie pour son spectacle de danse moderne", disaient Thomas et Julia à ceux qui la voyaient bondir comme un kangourou. "Elle se prépare pour une tragédie", expliquaient-ils aux personnes qui la regardaient se tordre sur le gazon en grimaçant de douleur.
Par moment, Angela se réfugiait dans un coin et se balançait de gauche à droite, assise, le regard dans le vide, tremblante. Reprendre le contrôle de ses pouvoirs serait difficile et demanderait beaucoup de concentration.
Cela faisait une vingtaine de minutes que personnes n'était plus passé mais à 12h30, la sonnette familière annonçant l’arrivée de l'ascenseur retentit dans le couloir. Un homme vêtu d'un long manteau sortit suivi de deux policiers en uniforme. Il se dirigea vers la porte de l'appartement de Thomas.
-Je peux vous aider? demanda le vétérinaire en voyant que l'homme s'apprêtait à toquer.
-Oui, je cherche Angela Parker, l'avez-vous vu?
Thomas lança un rapide coup d'œil dans la pièce vitrée puis il regarda le visiteur qui était sans doute un inspecteur. Julia et lui se placèrent de façon à ce qu'il ne voit pas ce qu'il se passait dans la pièce.
-Il y a un problème? demanda-t-il inquiet pour sa petite amie qui n'était pas en état de répondre à qui que ce soit.
-Pourriez-vous répondre à ma question?
Manifestement, l'inspecteur ne voulait pas révéler ce qui l'amenait et ce fut malheureusement à ce moment là qu'Angela heurta la vitre au-dessus de Thomas et de son amie. L'inspecteur fronça les sourcils et s'avança vers la vitre.
-Inspecteur Carpenter, écartez-vous, s'il vous plait, dit-il d'une voix autoritaire en montrant sa plaque.
Les deux amis s'écartèrent malgré eux. L'un des deux policiers ouvrit la porte et laissa entrer l'inspecteur. En le voyant, Angela poussa un cri de singe et bondi vers le coin le plus proche (heureusement qu'elle n'avait pas sa longue queue de singe comme tout à l'heure).
-Mlle Parker, vous êtes accusée du meurtre du docteur Arthur Levine, dit Carpenter en s'approchant de la jeune femme qui se recroquevillait de plus en plus. Je dois vous con